Atelier Sémiotique  

                     
Un atelier sémiotique est organisé entre les 7-11 octobre 2013. Cet atelier offre un cours de 5 ETCS crédits. Les cours sont ouverts à tous les participants aussi bien qu’à des étudiants de licence et de maitrise. Les étudiants doivent choisir leurs cours suivant  leurs intérêts. Après avoir suivi des cours, ils vont préparer des devoirs qui seront évalués sur la base d'un essai d'autour de 3000 mots, relatif à au domaine d'intérêt de l'étudiant. 

 

PROGRAMME

                                                    Inscription pour Atelier SÉMIOTIQUE

 

Frais d'inscription

 

 

 Frais de participation

 

 

Jusqu'au 30 Juin 2013

 

Après le 30 Juin, 2013

Atelier Sémiotique

US$

  25  

65

Euro

20

50

TL

45

115

 

 

1- Discours et sémiotisation de l’espace

Prof. Dr. Béatrice Turpin

Le séminaire se propose de montrer comment la sémiotique croisée avec l’analyse de discours peut permettre de rendre compte de la manière dont l’espace fait sens, c’est-à-dire à la fois produit du sens et se donne à lire comme sens, dans une médiation entre le dedans et le dehors. Après avoir explicité les fondements théoriques de cette perspective, que nous situons dans le cadre d’une épistémologie post-saussurienne, nous aborderons l’étude de la sémiotisation d’un espace particulier, la banlieue, particulièrement celui des « grands ensembles » à partir de discours de la presse nationale française et de blogs sur la banlieue, de 2000 à 2010. Ce séminaire s’appuie sur un ouvrage paru en 2013 : Béatrice Turpin (dir). Discours et sémiotisation de l’espace, L’Harmattan, col. « Espaces discursifs », Paris, 2012.

2- La perception et la signification de l'espace

Prof. Dr. Buket Altnbüke

Le sens de l'espace n'est pas indépendante du sujet observateur/percevant. L'ordre sensoriel favorisé par l’observateur (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) contribue au processus de la signification. Le point de vue du sujet observateur/percevant met en évidence les différentes valeurs de l’espace. Voilà pourquoi, dans les discours de voyage (récit de voyage, carnets de voyage), les espaces sont décrites de manière différente. Ce séminaire vise à étudier le rapport coexistant entre l’espace et le sujet observateur/percevant et à mettre au jour la signification de l’espace à travers la perception.

3-Traduction de la ville sous le point de vue sémiotique :Istanbul à travers ses signes en trois langues

Prof. Dr. Sündüz Kaar

Pour notre étude, nous allons travailler sur un corpus pas comme les autres composé d’une « traduction en filigrane », d’une « quasi traduction de seconde langue » et d’une « rétro-traduction » de la ville d’Istanbul. La nature de notre corpus nous invite à associer le point de vue sémiotique de la traduction à un second point de vue sémiotique qui traite de la signification de l’espace, tout justement de la ville puisque dans les trois textes de notre analyse, il s’agit de la ville d’Istanbul et que notre étude consiste en la comparaison des signes stambouliotes d’une traduction à l’autre. Une sémiotique de la ville se cherche un modèle de lecture et d’analyse de la ville en tant qu’espace signifiant. Nous allons donc partir à la chasse aux signes qui font, d’un espace habité, une ville proprement dite qui signifie par son propre langage formé de ses propres unités sémiotiques.

Dans un roman intitulé JanissaryTree, Jason Goodwin nous emmène au cœur de la ville d’Istanbul du XIXème siècle. Il s’agit d’une aventure où un détective eunuque est à la recherche de l’assassin d’une jeune concubine étranglée dans le harem du sultan ainsi que de la trace de quatre jeunes officiers perdus qui faisaient partie de la Nouvelle Garde. La quête nous fait découvrir une ville fabuleuse jalonnée par les noms de ses quartiers et de ses locaux, les noms des monuments et des événements historiques ainsi que par les noms et surnoms de ses habitants. La vie ottomane dans la ville d’Istanbul relatée en langage naturel de ses signes a été traduite premièrement en anglais par Jason Goodwin dans son polar intitulé JanissaryTree, qui sera traduit en français  par Fortunato Israël, sous un titre oblique Le complot des janissaires et, en turc par ÇidemÖztekin qui transmet littéralement le titre de l’original. Chacun de ces trois traducteurs nous peint la capitale de la Sublime Porte par les couleurs de sa propre langue et  de sa propre culture sur la toile de sa subjectivité personnelle. S’agit-il d’une même ville dans ces trois textes ? Jusqu’où pourrait-elle aller la saisie des signes et des significations dans ce contexte historique dépaysant ? Combien la traduction pourrait-elle modifier la peinture de la vie et de la ville?

Poussée par ces questions, nous allons essayer de découvrir les trois univers sémiotiques dans lesquels la ville d’Istanbul s’offre en trois dimensions au cinq sens de l’instance réceptive. Couleurs, odeurs et saveurs, sons et sensations nous emportent alors d’une langue-culture à une autre, d’une traduction à une autre. Nous serons ainsi amenée à comparer les différentes  perceptions d’un espace signifiant, en l’occurrence de la ville d’Istanbul, à travers ses signes traduits.

4- Cours sur Sarrasine d’Honoré de Balzac

Prof. Dr. Sündüz Kaar

Honoré de Balzac publie en 1831 un court récit intitulé Sarrasine qu’il place parmi les “Scènes de la vie parisienne” de sa Comédie humaine. Dans ce récit, il s’agit de deux histoires mises en abyme : la première histoire  est celle de la famille des Lanty que la haute société parisienne ne connait pas trop bien mais la richesse de cette famille lui fait pardonner ses petits mystères. Quant à la seconde histoire insérée dans celle des Lanty, elle nous dépayse en nous amenant en Italie tout en faisant un retour de quelque quatre-vingts ans dans le temps. Il s’agit d’un sculpteur français nommé Sarrasine qui va à Rome pour se perfectionner dans son art mais là-bas, il rencontre une prima donna d’une beauté inouïe de qui il devient éperdument amoureux. Le raccord entre ces deux histoires racontées par un même narrateur est assuré par la présence d’un vieillard énigmatique au bal des Lanty ainsi que par un tableau représentant Adonis étendue sur une peau de lion dans le boudoir à l’hôtel particulier des Lanty.

Cette nouvelle énigmatique qui impose tabou sur la réalité qu’elle relate a fait couler beaucoup d’encre dans l’histoire littéraire. Plusieurs essais ont été publiés dont il faut surtout mentionner la remarquable analyse de Roland Barthes intitulé S/Z. Nous allons appliquer une analyse sémiotique sur ce récit pour mieux cerner son univers de sens ainsi que pour mieux évaluer les difficultés qu’il présente en traduction.

5- Voir, Percevoir et Persuader

La Spatialité et la Réalité dans les publicités des batiments à travers les signes

Prof. Dr. Rengin Küçükerdoan

On est tous éblouis par la multiplication des images, par la complexité des nouveautés technologiques. Et dans cette complexité, les gens confondent, parfois, ce qui est “réel” ou “pas”. Qu’est-ce que la réalité? Est-ce tous les images sont réelles? Comme la définition de la réalité est  «la qualité d'être réel ou ayant une existence réelle», nous sommes peut-être tous déborder « la frontière entre le réel et l’imaginaire ». Par exemple, en ce qui concerne les images des publicités, elles apparaissent réelles sans qu’elles ne le soient. Pourquoi insister sur les images publicitaires?  La réponse est de Péninou: la publicité est l’« Instrument d’une volonté plus que d’une connaissance;  l’image publicitaire envisage nécessairement l’objectif derrière l’objet ».

La publicité étant un fait de civilisation majeur constitue  à la fois une caractéristique du « produit ». Elle est le reflet de notre société, de notre ère. Ce fait, ce phénomène parfois critiqué en ce qu’elle est «un déchet culturel » est en réalité, comme indique Geneviève Cornu, un lieu où s’expriment les tendances profondes d’une époque, les angoisses, les mythes et la sensibilité modernes. C’est pourquoi elle est l’un des premiers objets d’observation pour la sémiologie, un corpus. Qu’elle soit commerciale, sociale ou politique la publicité se dote d’un objectif particulièrement persuasif. C’est-à-dire la publicité a pour but de manipuler les gens d’acheter tel ou tel produit, de lui faire adopter des comportements précis ou bien une conduite d’achat. Pour ce faire, elle fait appel à des messages rationnels qui sont censés informer le consommateur sur les caractéristiques du produit ou bien des messages destinés à produire une certaine émotion chez ce dernier par le biais des symboles tout en référant à son imaginaire. En effet, la publicité stimule des réactions passionnées chez le consommateur. Elle  fait appel à tous les sentiments et toutes les émotions du consommateur, tels que la crainte, la joie, l'amour, l'humour... à travers des messages distrayants, provocateurs, voire choquant.

Notre lecture vise à démontrer le processus d’attribution du sens à une image publicitaire. On va travailler, on va « lire » les images publicitaires des bâtiments publiées dans les journaux ou dans les magazines.  Autrement dit, de décéler le « comment » ou bien l’aspect polysémique de l’image et de trouver les « trucs » utilisés pour « persuader » les gens pour qu’ils achètent les bâtiments, à travers les signes.

6- "La sémiotique des genres du discours"

Prof. Dr. Driss Ablali

Cette conférence relève d’un triple enjeu : redéfinir le concept de genre du côté de l'interprétation, approfondir les notions de "cooccurrence auto-constituante "et de "corrélats génériques" que nous proposons pour interpréter le genre sur corpus, et rendre compte du rapport entre les deux termes. Pour commencer, je rappellerai brièvement  les fondements de la sémiotique des genres sur Corpus (SÉGECO), projet qui consiste à reprendre certaines positions théoriques et épistémologiques de la sémiotique (Hjelmslev, Coseriu et Rastier), fondées sur des critères spécifiquement linguistiques, pour montrer que l'interprétation des genres ne peut être que multi-sémiotiques.  Dans un second temps, nous procéderons à une exploration multi-niveaux sur différents corpus (corpus homoprax vs corpus polyprax) —pour caractériser et identifier formellement sur le plan linguistique la stabilité des normes du genre, des normes qui ne sont pas étalées au grand jour, d’où le lien intime entre genre et interprétation. Dans un dernier point, nous mettrons l'accent sur une question, encore absente dans les réflexions sur les typologies textuelles, celle qui porte sur les observables linguistiques dont se prive un genre.

7- Introduction aux études sémiotiques: De la théorie à la pratique.

Prof. Dr. lhami Src

Le  séminaire  se propose de mettre au point  tout d’abord  les fondements de la sémiotique générale ainsi que des concepts fondamentaux et des différentes théories sémiotiques et se poursuivra avec une présentation précise du champ scientifique auquel se réfère la sémiotique. Après avoir explicité les fondements théoriques de cette approche, en se focalisant, entre autres, sur le programme narratif on mènera une analyse sémiotique sur un conte turc et on va y mettre au point la formation des formes élémentaires de la narrativité.